Une avalanche est un mouvement soudain, rapide et massif de neige ou de roches dévalant une pente. Déclenchée naturellement ou par une perturbation, elle emporte tout sur son passage, modifie le paysage et impose une nouvelle configuration du terrain.
Depuis plusieurs années, je suis un « activiste ». Comme beaucoup au sein de ma génération, mon engagement a d’abord commencé dans la lutte contre les politiques climaticides détruisant l’environnement (et au passage nos vies). Rapidement, j’ai rejoint différents mouvements. Pendant plusieurs années, j’ai été formé au militantisme et initié à la politique. Je suis devenu un militant écolo. J’ai participé à de (très) nombreuses actions, certaines radicales, d’autres moins. J’ai surtout pu apprendre à travailler avec des militants, des élus, des entreprises… et donc à débattre, à critiquer, à convaincre. J’ai appris à travailler avec des plus jeunes, dans le cadres d’interventions en milieu scolaire, mais aussi avec des moins jeunes, en conférence ou dans les médias. En bref, j’ai beaucoup appris.
L’intersectionnalité a été dès le départ au cœur de nos combats, et donc au centre de mes valeurs. Alors certes, on parlait essentiellement d’écologie. Mais nous n’avons jamais oublié de rappeler qui allait être touché en premier. Et jamais, au grand jamais, nous n’avons oublier que notre combat était avant tout anticapitaliste. Ecologie, lutte des classes, décolonialisme, féminisme, lutte LGBTQ+, un seul grand combat.
Au fur et à mesure, les mouvements s’essoufflaient. Je pense que cela s’explique par de nombreux facteurs : l’oppression de plus en plus forte par les gouvernements, notamment le gouvernement français (ex : Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, dépeint en 2023 les militants écolos en écoterroristes). S’ajoute à cela la fatigue militante, le turn-over naturel des mouvements de jeunes, mais aussi la précarisation des jeunes et des classes les plus basses toujours plus forte, empêchant de militer correctement. Je crois aussi que la « radicalisation » des mouvements (« radicalisation » que je considère comme nécessaire à ce moment précis) a laissé sur le côté les militants les plus confus. De même, la perte de figure internationale, comme a pu l’être Greta Thunberg, joue également un rôle. Également, la montée de l’extrême droite a rendue le combat antifasciste, à gauche, « prioritaire ». Enfin, je crois que la multiplication des élections et les alliances à répétition ont aussi contribué à l’essoufflement de ce genre de mouvement.
En 2023, j’ai quitté ces mouvements. J’ai bien sûr essayé de continuer à les aider à mon échelle, notamment mes anciens camarades, dès lors qu’ils avaient besoin de conseil ou de contact. Effectivement, je commençais à participer à la création d’événements, et je n’avais plus d’autres choix que de travailler avec des élus, et des entreprises. Ne voulant pas utiliser l’image de ces mouvements, au risque de ne pas coller aux lignes politiques (et ainsi de faire transparaitre en public une imagine qui n’était pas celle voulue par les acteurs des dits mouvements), j’ai préféré m’en éloigner. Mais c’est aussi parce que je ne me sentais plus tout à fait libre de faire ce que je voulais entreprendre. Je crois que mon envie de m’engager plus fort sur d’autres sujets commençait à prendre le dessus.
Tout ça, je ne le vivais pas seul. Quand on milite, on est jamais seul, ou sinon on n’arrive à rien. Je crois qu’à ce moment-là, surtout avec le contexte politique, on était tous un peu perdus. Mais on avait une envie forte, un peu inexplicable, celle de tout bousculer. On voulait apporter du vent nouveau, rafraichissant. On voulait tout casser, et surtout, tout reconstruire. On voulait être une Avalanche.
« Avalanche », ça a plusieurs sens pour nous. D’abord, il y aurait l’avalanche d’idées, comme un raz-de-marée d’idées neuves qui viendrait remplacer les anciennes et ainsi laissant place à un renouveau. Aussi une avalanche d’humains, un mouvement de plein de gens, où l’on ne distinguerait pas les uns des autres. Comme une masse en mouvement. Enfin, c’est bien sur une métaphore. On part à quelques-uns, avec quelques idées, et à la fin, on est grand, incontrôlable.
Reste à savoir pour qui, et où on va. En tout cas, on sait d’où on vient, et ça, c’est le plus important. Chez Avalanche, ça fait déjà plus d’un an qu’on travaille dans l’ombre, en organisant des actions et des événements. On est officiellement une association maintenant, c’est super. On s’amuse beaucoup, on espère qu’on pourra vous montrer ça. On est une bonne dizaine au moment où le site sortira. D’ailleurs, sur ce site internet, retrouvez des articles, des notes, des billets d’humeur, des petites analyses critiques sur l’actualité… Retrouvez aussi nos vidéos, qui ne tarderont pas à sortir je l’espère. C’est aussi une superbe interface pour qu’on puisse échanger, si ça vous dit. En tout cas, comme dit l’adage, ne nous regardez pas, rejoignez-nous !
Anakin
